Réhabilitation : généralités

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Avec la participation de : Diane Lazard

Un choix thérapeutique n'est valable que s'il est correctement appliqué. Ce choix doit tenir compte du moyen proposé, de l'acceptation par le patient et sa famille, de l'accompagnement mis en place par l'équipe médicale (médecin, audioprothésiste, orthophoniste). Un des critères fondamentaux à la réussite de la réhabilitation auditive est la précocité de sa prise en charge.

Prise en charge précoce

Chez le nourrisson et l'enfant, la privation de toute ou partie de l’audition a des répercussions systématiques sur un, au moins, des constituants du langage oral. L’intégrité de la fonction auditive est nécessaire au développement la communication orale. L’immersion dans le monde sonore permet au nourrisson de développer ses capacités phonologiques, lexicales et syntaxiques, et d’accéder à une(des) langue(s) orale.

Chez l'adulte, dans le cas général d'une baisse d'audition progressive (presbyacousie par exemple), il est important de ne pas trop attendre avant d'être pris en charge. Il est nécessaire d'utiliser la période qui précède l'accentuation du trouble auditif pour en atténuer le plus possible les effets. Quand on ne peut pas guérir, on peut compenser un déficit. Deux points seront alors abordés dans ce chapitre : la suppléance instrumentale par les aides auditives externes et implantées, la suppléance fonctionnelle grâce au travail des orthophonistes.

Indications et prescriptions médicale

En fonction de l’étiologie de la surdité et de son retentissement, l'équipe médicale spécialisée peut choisir des aides auditives conventionnelles (conduction aérienne) ou particulières à ancrage osseux (conduction osseuse), l’implant d’oreille moyenne (amplification mécanique) ou l’implant cochléaire (stimulation électrique).

L'oto-rhino-laryngologiste

Le diagnostic de surdité est fait par ce spécialiste et par aucun autre médecin, après un examen clinique général et des oreilles moyennes, et au minimum un audiogramme. Ainsi une prescription d’aides auditives n’est, en théorie, valable que délivrée par un ORL, ses confrères n’étant pas habilités à le faire. Une fois le diagnostic de surdité posé, il faut en trouver l’étiologie. L’examen et audiogramme du patient peuvent mener à demander des examens complémentaires (PEA, sacnner, IRM…). C’est une fois le tableau clinique bien défini que la meilleure solution pour le patient est proposée. Elle peut être chirurgicale, médicale ou faisant appel à des aides de corrections auditives. Le choix thérapeutique se fait en accord avec le patient après exposition des différentes possibilités et de leurs avantages.

L’audioprothésiste

Dans le cas des aides auditives conventionnelles, après prescription d’appareillage par un médecin ORL, le patient malentendant est pris en charge par un audioprothésiste. Dans un premier temps, celui-ci complète l’évaluation de l’audition par des tests spécifiques dans un but prothétique (voir "explorations fonctionnelles"). Dans un second temps, son rôle est de choisir, adapter et délivrer un appareil auditif. Il doit évaluer et contrôler le bénéfice de l’appareillage et participer activement à l’éducation prothétique. Un essai de l'équipement choisit doit être obligatoire avant acquisition définitive. Enfin, l'audioprothésiste assure le suivi, le contrôle des appareils et des performances auditives du patient, et ce, en partenariat avec le médecin prescripteur et, si nécessaire, avec un orthophoniste.

L'orthophoniste

L’orthophoniste dispose d’un savoir-faire et d’un savoir-être en matière de communication orale qui permet au sujet sourd d'acquérir tous les éléments nécessaires à la bonne compréhension du langage. Il ne suffit pas d’entendre : la compréhension du message sonore peut s’avérer difficile pour des patients ayant été privés de certaines informations sonores pendant une longue période. Les sons restitués par les aides auditives ne suffisent pas à accéder au sens dans certains cas. En effet, ces nouvelles informations auditives peuvent être assimilées à du bruit. Le langage est constitué de signes linguistiques qui unissent des concepts à des images acoustiques, c'est en travaillant sur ces points que l'orthophoniste permet au patient d'appréhender correctement le monde sonore. Dans certains cas, un renforcement par apprentissage de la lecture labiale est nécessaire.

Limites

Le parfait fonctionnement de l’organe sensoriel ne peut pas être restitué par un appareillage auditif ; au mieux, on optimise la fonctionnalité des reliquats auditifs. Moins ces reliquats sont nombreux, moins l’aide auditive est performante. De plus, malgré l’existence de microphones directionnels et de nombreux algorithmes de traitement du signal, la compréhension de la parole dans le bruit reste limitée.

Dernière mise à jour : 16/07/2014 12:25